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Compléments sur l'histoire de la monnaie de Marseille,
éléments communiqués par René Pierini.  1
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Massalia a frappé sa première monnaie bien avant le IIIe siècle av. J.-C.
Il est certain aujourd'hui que notre ville a frappé des dioboles et hémioboles dès le milieu du VIe s. av. J.-C. En témoigne notamment la trouvaille du trésor d'Auriol en 1862 : plus de 2000 petits modules, oboles, dioboles, etc. Les numismates sont unanimes aujourd'hui sur ce point et les recherches de Furtwängler 2 ont confirmé cette analyse. Aujourd'hui encore on trouve des monnaies du type d'Auriol dans les fouilles archéologiques. Par la suite au milieu du IVe s., Massalia a frappé la drachme lourde du type Artémis sur l'avers, et au revers, un lion bondissant avec la légende ΜΑΣΣΑ (MASSA) à l'exergue (monnaie frappée pendant une courte période, peut être pour financer un effort de guerre contre Carthage). C'est plus tard que la drachme légère apparait, vers 220 ou 215 av. J.-C. Notre antique cité frappa donc ses premières monnaies entre 575 et 460 av. J.-C., peu de temps après l'invention de la monnaie en Asie Mineure en Lydie, vers la fin du VIIe s. (620-590 av. J.-C.).
Ces premières monnaies, du milieu du VIe s. av. J.-C., sont des petits modules en argent dont la gravure est de type archaïque. Par exemple, sur l'avers : tête humaine, ou protomé de bélier, Pégase, ou encore tête négroïde, tête casquée, etc., et au revers : un carré creux en forme de svastika. Certains de ces types, en fonction du poids et du traitement du sujet gravé, font penser que Massalia a adopté des étalons monétaires relevant en partie de Milet (étalon milésiaque) ou de Phocée (étalon phocaique).
Lorsqu'en 49 av. J.-C. elle est prise par César, Marseille perd son indépendance et ne frappe plus, dès lors, que des monnaies de petits modules en bronze et relevant de l'emprise de Rome sur ces émissions. Ces dernières monnaies perdureront jusqu'à l'époque des Flaviens (les empereurs Vespasien, Titus, Domitien) entre 69 et 96 de notre ère. La gravure en est très médiocre : tête de Minerve, au dauphin, à l'aigle, à la galère, etc. À partir de 96, Marseille incluse dans l'empire romain adopte définitivement l'atelier monétaire de Rome ou de Lyon, avec les modules connus (as, sesterce, denier, etc..) qui prédominent.
1 René Pierini est co-responsable de la commission de défense du patrimoine architectural et environnemental, et responsable de la section numismatique du Comité du Vieux Marseille.
Qu'il trouve ici mes vifs remerciements.
2 Andreas E. Furtwängler : Monnaies grecques en Gaule. Le trésor d'Auriol et le monnayage de Massalia 525/520 - 460 av. J.C. Fribourg 1978.